Gaz de schiste_feu vert en Roumanie

Publié le par nongazdeschisteinfos

Roumanie : Feu vert pour l’exploration du gaz de schiste

La Roumanie fait "discrètement" un premier pas vers l’exploitation du gaz de schiste, annonce Jurnalul naţional. Le 29 avril, le ministère de l’Environnement a donné son feu vert pour l’exploration par des compagnies étrangères, dont l’américaine Chevron, d’éventuels gisements dans la région de Dobrogea (Sud-Est).

drapeau-roumanie.gifLa décision "a pris de court la société civile, qui s’attendait à un débat public préalable et, surtout, à la présentation d’études quant à son impact sur l’environnement", écrit le quotidien qui cite la ministre, Rovana Plumb : Tous les pays de l’UE ont besoin de l’indépendance énergétique et l’exploitation des gaz de schiste est un des moyens d’y parvenir. La ministre a précisé qu’"il n’y a pas de risque pour l’environnement dans la phase d’exploration, car la technologie de la fracturation hydraulique n’y est pas utilisée" pour vérifier les ressources potentielles de cet hydrocarbure non conventionnel situé plusieurs milliers de mètres sous terre. A l’annonce de la nouvelle, l’association Vama Verde a organisé une manifestation de protestation à Vama Veche, dans la région de Dobrogea, et d’autres manifestations sont annoncées pour la fin du mois. La Roumanie suit l’exemple de la Pologne et du Royaume-Uni, les pays européens les plus engagés dans la phase de prospection et d’exploration. D’autres, comme la France, ont décrété un moratoire. 7 mai 2013Presseurop Jurnalul Naţional


L’accord commercial entre l’UE et le Canada menace les interdictions de la fracturation hydraulique

Par Le Corporate Europe Observatory, le Conseil des Canadiens et le Transnational Institute

Amsterdam /Bruxelles / Ottawa, Le 6 mai – L’Accord Économique et Commercial Global (AECG) en cours de négociations entre l’Union Européenne (UE) et le Canada accorderait aux compagnies énergétiques des possibilités étendues pour venir défier les régulations et interdictions de développement du gaz de schiste (par la fracturation hydraulique, dommageable pour l’environnement) démontre un nouveau rapport du Corporate Europe Observatory, Conseil des Canadiens et Transnational Institute.

Tandis que les négociateurs canadiens visitent Bruxelles cette semaine afin d’accélérer la conclusion des négociations de l’AECG, « Le droit de dire non »met en garde contre les clauses de protections des investissements proposées dans l’accord, qui viendrait mettre en péril la capacité des gouvernements à réglementer ou interdire la fracturation hydraulique. Actuellement, les États membres de l’UE étudient les risques environnementaux et de santé publique liés à cette technologie nouvellement populaire pour extraire les gaz ou le pétrole naturel difficile d’accès. Alors que la majorité des pays concernés avec des dotations en gaz de schiste prennent des positions contre la fracturation hydraulique, les puissantes compagnies pétrolières et gazières repoussent ces régulations.

« L’AECG permettra aux grandes compagnies gazières et pétrolières de contester les régulations et interdictions de fracturation hydrauliques en Europe à la dérobée. Elles auraient juste besoin d’une filiale ou d’un bureau au Canada», a averti Timothé Feodoroff, du Transnational Institute.

francecanada.jpgEn vertu de l’Accord de Libre-Échange Nord-Américain (ALENA), il existe déjà un précédent de contestation judiciaire des régulations et interdictions de la fracturation, qui vient comme un aperçu de ce qui pourrait potentiellement attendre l’Europe. La firme américaine Lone Pine Resources Inc. défie le moratoire sur la fracturation hydraulique émis par la province canadienne de Québec et poursuit le gouvernement canadien pour des compensations. « Le cas de Lone Pine montre que les gouvernements sont très sujets à des conflits investisseurs-États contre le principe de précaution dans le cadre de projets énergétiques controversés » a déclaré Stuart Trew, qui mène les campagnes sur les questions commerciales chez le Conseil des Canadiens. « Le système de règlement des différends d’investisseurs à États dans le projet de l’AECG créerait des risques inutiles pour les communautés européennes pesant les avantages et les inconvénients de la fracturation hydraulique ».

Les Etats membres de l’UE ont déjà une expérience de différends d’investisseurs à États qui compromettent les énergies renouvelables et les politiques de protection de l’environnement. L’Allemagne est actuellement poursuivie en justice par la firme Vattenfall en raison de la sortie du pays du nucléaire. Vattenfall exige 3,7 milliards € en compensation de perte de profits. « Les membres du Parlement Européen devrait mettre l’intérêt public avant celui des investisseurs, et s’opposer au mécanisme de règlement de litige entre les investisseurs et l’État dans l’AECG. Ce dernier ouvrirait la voie à des millions d’euros d’indemnités à être versées aux grandes entreprises par les contribuables européens, pour une législation dans l’intérêt publique » a expliqué Pia Eberhardt, du Corporate Europe Observatory.

Les négociations de lAECG entre l’UE et le Canada ont été lancées lors d’un sommet bilatéral en mai 2009. Plusieurs des chapitres proposés dans l’accord vont contraindre l’espace politique de l’UE et de ses États membres, mettant des mesures efficaces et légitimes de protection de l’environnement en danger de litiges commerciaux ou d’investissements du Canada. Les négociateurs espèrent conclure l’accord avant l’été. Le Corporate Europe Observatory, le Conseil des Canadiens et le Transnational Institute exhortent l’UE, les États membres et le gouvernement canadien de ne pas inclure un système de règlement de litige entre les investisseurs et l’État dans l’AECG.

La France, la Bulgarie et la région de Cantabrie dans le nord de l’Espagne ont déjà interdit la fracturation hydraulique au nom de préoccupations environnementales, tandis que la Roumanie, l’Irlande, la République tchèque, le Danemark et le Nord-Westphalie en Allemagne ont proclamé un moratoire. Tout comme dans les pays où un moratoire a été déclaré, les projets prévus aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Suisse ont été suspendus jusqu’à ce que l’on procède à des évaluations sur les risques environnementaux. En Norvège et en Suède, la fracturation a été déclarée économiquement non viable. Des projets en Autriche et en Suède ont été annulés pour la même raison, sans mesures législatives.

Il y a beaucoup de compagnies pétrolières et gazières, dont le siège ou des bureaux sont au Canada, qui ont déjà commencé à explorer les réserves de gaz de schiste en Europe, notamment en Pologne. Bien que beaucoup de ces entreprises ne soient pas strictement canadiennes, une filiale basée au Canada leur permettrait de contester les interdictions et régulations de la fracturation via l’AECG. Il est amplement prouvé que les entreprises vont changer leurs nationalités afin de bénéficier d’un tel traité. Par Mondialisation.ca à la Une

Mondialisation.ca, 06 mai 2013

Contacts:

Pia Eberhardt, Corporate Europe Observatory (Anglais/Allemand)
pia@corporateeurope.org
+49-(0)221-78967810 or +49-(0)15256309102

Timothé Feodoroff, Transnational Institute (Anglais/Français)
timothe.feodoroff@tni.org
+33(0)628-473-593

Hilde van der Pas, Transnational Institute (Anglais/Néerlandais)
hildevanderpas@tni.org
+31(0)20-6626608

Stuart Trew, Conseil des Canadiens (Anglais/Français)
strew@canadians.org
+1-(647)-222-9782

Emma Lui, Conseil des Canadiens (Anglais)
elui@canadians.org;
+1-(613)-233-4487 Ext. 239

Ester Arauzo
Communications
Corporate Europe Observatory (CEO)
+32 (0) 2 893 09 30


Le taux de CO2 dans l'air au plus haut depuis plus de 2,5 millions d'années

LE MONDE | 06.05.2013 à 11h11 • Par Stéphane Foucart

Un cap symbolique est en passe d'être franchi. Pour la première fois depuis que l'homme est apparu sur Terre. Et même depuis plus de 2,5 millions d'années... Le seuil de 400 parties par million (ppm) de dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique devrait être atteint courant mai, au point de mesure historique de la station de Mauna Loa (Hawaï), où les premières mesures de l'ère moderne ont été menées, dès 1958, par l'Américain Charles David Keeling.

La concentration de CO2 dans l'hémisphère Sud, plus faible que celle de l'hémisphère Nord, ne franchira cependant le même palier que dans plusieurs années. A Mauna Loa, la concentration de CO2 pointait, vendredi 3 mai, à 399,29 ppm. La veille, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) rendait public son bilan climatologique pour 2012, notant l'abondance et l'intensité de phénomènes extrêmes : sécheresses, inondations, cyclones tropicaux, etc.

2012 AU NEUVIÈME RANG DES ANNÉES LES PLUS CHAUDES

"La variabilité naturelle du climat a toujours donné lieu à ces extrêmes, mais les caractéristiques physiques de ces phénomènes météorologiques et climatiques résultent de plus en plus du changement climatique", analyse Michel Jarraud, secrétaire général de l'OMM. Celle-ci place l'année 2012 au neuvième rang des années les plus chaudes observées depuis la fin du XIXe siècle. La concentration atmosphérique de CO2 n'excédait pas alors les 300 ppm. Un niveau qui n'a jamais été dépassé au cours du dernier million d'années écoulé.

 

le-seuil-de-400-parties-par-million-ppm.png

 

"Franchir le seuil de 400 ppm de CO2 porte une forte charge symbolique, juge le climatologue Michael Mann, directeur du Earth System Science Center de l'université de Pennsylvanie. Cela vient nous rappeler à quel point la dangereuse expérience que nous menons sur notre planète est hors de contrôle."

Au rythme actuel des émissions de dioxyde de carbone, l'objectif fixé par la communauté internationale de limiter, à l'horizon de la fin du siècle, le réchauffement à deux degrés au-dessus du niveau préindustriel, est désormais quasi intenable. 

AUGMENTATION MOYENNE DE LA TEMPÉRATURE DE 2,4 °C À 2,8 °C : Le franchissement imminent du seuil des 400 ppm de CO2 n'est pas une surprise. En août 1975, dans un article célèbre publié par la revue Science, le géochimiste américain Wallace Broecker non seulement prévoyait l'irruption prochaine du "réchauffement global", mais il estimait aussi la rapidité avec laquelle les activités humaines feraient grimper la concentration atmosphérique de CO2. Voilà près de quarante ans, il avançait que le fameux seuil des 400 ppm serait atteint en 2010...Pour retrouver de tels niveaux de gaz carbonique, il faut remonter à l'ère du pliocène, il y a 2,6 à 5,3 millions d'années. Les créatures les plus proches du genre humain qui arpentaient alors la surface de la Terre étaient les australopithèques. "Les températures moyennes globales étaient de trois à quatre degrés supérieures à celles d'aujourd'hui et d'environ dix degrés aux pôles", précise la Scripps Institution of Oceanography (université de Californie à San Diego), qui publie quotidiennement les mesures de concentrations de CO2 de Mauna Loa. Et le niveau de la mer, "supérieur de 5 m à 40 m au niveau actuel". 

"Il est toujours délicat de faire ce genre de comparaison", prévient cependant le climatologue Jean-Pascal van Ypersele (université catholique de Louvain), vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). "Il n'y a pas que la concentration en CO2 qui change, note-t-il. La position des continents, l'orbite terrestre ont, depuis le pliocène, également changé." Selon les derniers travaux du GIEC, la stabilisation du CO2 entre 400 ppm et 440 ppm conduirait, sur le long terme, à une augmentation moyenne de la température terrestre de 2,4 °C à 2,8 °C. "La dilatation thermique des océans conduirait à une élévation du niveau moyen des océans comprise entre 50 cm et 1,7 m, ajoute M. van Ypersele. Et ce, sans tenir compte de la fonte des glaciers."

ÉLÉVATION DU NIVEAU MARIN COMPRISE ENTRE 20 CM ET 60 CM : Ce nouvel état d'équilibre ne serait toutefois atteint que bien après la fin du siècle en cours. Autour de 2100, vu l'inertie de la machine climatique, l'augmentation du niveau des mers devrait être en deçà de ces niveaux, même en tenant compte de la fonte des glaciers. Le dernier rapport du GIEC prévoit à cet horizon une élévation probable du niveau marin comprise entre 20 cm et 60 cm, une estimation qui devrait cependant être revue à la hausse dans le prochain rapport du groupe d'experts, attendu pour septembre.

"Une part de la question est donc de savoir si l'on doit se préoccuper du très long terme ou se limiter à considérer ce qui se produira d'ici cinquante ans à cent ans", interroge le climatologue Edouard Bard, professeur au Collège de France. En tenant compte du temps très long, "la possibilité est réelle qu'avec les niveaux de CO2 actuels nous ayons déjà dépassé le seuil d'une influence dangereuse sur notre climat", estime pour sa part Michael Mann. Selon le climatologue américain James Hansen, ancien directeur du Goddard Institute for Space Studies (GISS), la concentration de CO2 à ne pas excéder se situe autour de 350 ppm. Une limite qui a été atteinte peu avant 1990.


http://www.mondialisation.ca/laccord-commercial-entre-lue-et-le-canada-menace-les-interdictions-de-la-fracturation-hydraulique/5334102?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=laccord-commercial-entre-lue-et-le-canada-menace-les-interdictions-de-la-fracturation-hydraulique

http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief/3753291-feu-vert-pour-l-exploration-du-gaz-de-schiste

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/06/le-taux-de-co2-dans-l-air-au-plus-haut-depuis-plus-de-2-5-millions-d-annees_3171507_3244.html

©  tous droits réservés, danièle favari.

Reproduction interdite sauf accord de l’auteur, ou établissement d’un lien preformaté.

nongazdeschisteinfos@gmail.com

https://twitter.com/#!/daniele_favari

Les commentaires sont modérés. Ils sont les bienvenus à l'exception de toute attaque personnelle et de tous propos injurieux, blessants ou racistes.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article